Défaut de livraison : les bonnes pratiques à adopter

Défaut de livraison : les bonnes pratiques à adopter

En cas de défaut de livraison, et afin de protéger les droits des consommateurs, le professionnel :

  • ne peut pas mettre à disposition du consommateur un numéro de téléphone surtaxé pour les communications portant sur les défauts de livraison ;
  •  ne peut pas inviter le consommateur à se retourner contre l’intermédiaire chargé de la livraison, le professionnel vendeur étant le seul responsable ;
  • doit rembourser le consommateur de la totalité des sommes versées par ce dernier dans un délai de 14 jours en cas de commande annulée en raison du défaut de livraison.
  • Interdiction de mettre à disposition du consommateur des numéros de téléphone surtaxés

Conformément à l’article L. 121-16 du Code de la consommation, le professionnel ne peut pas mettre à disposition du consommateur un numéro de téléphone surtaxé pour les communications portant sur la bonne exécution du contrat ou le traitement d’une réclamation.  A défaut, le professionnel s’expose à une amende administrative d’un montant de 15.000 € (article L. 132-21 du C. consom.)

 

  • Interdiction de transférer la responsabilité du défaut de livraison à l’intermédiaire chargé du transport

En aucun cas, le professionnel vendeur, responsable de la bonne exécution du contrat, ne peut transférer cette responsabilité sur le transporteur.

En effet, conformément à l’article L. 221-15 du Code de la consommation, le professionnel est responsable de plein droit à l’égard du consommateur de la bonne exécution des obligations résultant du contrat conclu à distance, et ce quand bien même les obligations seraient exécutées par d’autres prestataires de services.

Le professionnel vendeur ne peut donc pas inviter le consommateur à se retourner contre l’intermédiaire chargé du transport en cas de problème de livraison.

A noter, lorsque le consommateur confie le bien à un transporteur de son choix, autre que celui proposé par le professionnel, le risque de perte ou d’endommagement du bien est transféré au consommateur dès la remise du bien au transporteur (article L. 216-3 du C. consom.).

 

  • Obligation de rembourser la totalité des sommes versées par le consommateur dans un délai de 14 jours en cas de commande annulée par le consommateur en raison du défaut de livraison

En cas de non-respect du délai de livraison par le professionnel, ou au plus tard dans les 30 jours de la conclusion du contrat si aucune date de livraison n’a été fixée, le consommateur peut résoudre le contrat après avoir mis en demeure le professionnel de délivrer le bien dans un délai supplémentaire raisonnable.

A défaut de livraison dans le délai supplémentaire raisonnable, le professionnel est tenu de rembourser le consommateur de la totalité des sommes versées et ce, dans un délai maximal de 14 jours suivant la date à laquelle le contrat a été dénoncé par le consommateur (article L. 216-7 du C. consom.).

A noter, lorsque le professionnel refuse de délivrer le bien, ou lorsqu’il est manifeste que le professionnel ne livrera pas le bien, mais également lorsque le délai de livraison constitue pour le consommateur une condition essentielle du contrat, la résolution du contrat est immédiate sans qu’il soit nécessaire pour le consommateur de procéder à une mise en demeure préalable (article L. 216-6 du C. consom.).

Article extrait de la Lettre de la Consommation, rédigée par Justine Grandmaire, avocate Counsel et Claire Sicard, avocate

Sommaire

Autres articles

some
LMR #214 : La vente en ligne (1ère partie) : distinction entre ventes actives et passives
La vente en ligne (1ère partie) : distinction entre ventes actives et passives En droit de la concurrence, la vente en ligne est analysée au regard des notions de ventes actives et passives, telles que définies par le droit européen.…
some
LMR #213 : L’agent commercial (4ème partie) : la fin du contrat
L'agent commercial (4ème partie) : la fin du contrat L’agent commercial et le mandant peuvent mettre fin au contrat les unissant ; lorsque ce contrat est à durée indéterminée un préavis est requis, sauf en cas de faute grave. (Article L.…
some
Contrôle technique : la transparence des prix devient la règle pour les véhicules de catégorie L
Contrôle technique : la transparence des prix devient la règle pour les véhicules de catégorie L Depuis le 1er janvier 2026, l’opacité tarifaire n’est plus une option pour les centres de contrôle technique de la catégorie L (motos, scooters, voiturettes).…
some
Médiation de la consommation : un bilan décennal et des réformes à venir
Médiation de la consommation : un bilan décennal et des réformes à venir Mars 2026 marque le dixième anniversaire de la généralisation de la médiation de la consommation en France. La Commission d’évaluation et de contrôle de la médiation de…
some
Indices de réparabilité et de durabilité : intensification des contrôles
Indices de réparabilité et de durabilité : intensification des contrôles La DGCCRF a lancé une vaste campagne d’enquêtes ciblant l’affichage des indices de réparabilité et, pour les nouvelles catégories de produits, de durabilité. L’administration invite désormais les professionnels à effectuer…
some
LMR #212 : L’agent commercial (3ème partie) : formation et exécution du contrat
L'agent commercial (3ème partie) : formation et exécution du contrat Depuis la loi de 1991, l’existence d’un contrat écrit n’est plus une condition de validité du statut, mais chaque partie peut en exiger un à tout moment. (Article L. 134-2…