Contrat hors établissement : indication obligatoire de la date / délai pendant lequel le professionnel s’engage à s’exécuter

Contrat hors établissement : indication obligatoire de la date / délai pendant lequel le professionnel s'engage à s'exécuter

Dans le cadre d’un contrat conclu hors établissement, le professionnel est tenu de fournir au consommateur, sur papier ou support durable, de manière lisible et compréhensible, la date à laquelle, ou le délai dans lequel, il s’engage à livrer le bien ou à fournir la prestation de services.

 

  • Information précontractuelle obligatoire

Pour rappel, un contrat conclu hors établissement regroupe trois types d’hypothèses, à savoir : (i) le contrat conclu en présence du professionnel et du consommateur, mais en dehors du lieu où le professionnel exerce son activité de manière permanente ou habituelle ; (ii) le contrat conclu sur le lieu où le professionnel exerce son activité de manière habituelle ou permanente, ou au moyen d’une technique de communication à distance, immédiatement après la sollicitation du consommateur dans un lieu différent de celui où le professionnel exerce son activité où les parties étaient physiquement et simultanément présentes ; (iii) le contrat conclu pendant une excursion organisée par le professionnel spécifiquement dans cet objectif de vente.

Dans le cadre d’un contrat conclu hors établissement, le professionnel est tenu de fournir au consommateur, sur papier ou sur un autre support durable, de manière lisible et compréhensible, l’ensemble des informations prévues à l’article L. 221-5 du Code de la consommation (article L. 221-8 du C. conso.). Parmi ces informations obligatoires figure celle relative à « la date à laquelle ou le délai dans lequel le professionnel s’engage à livrer le bien ou à fournir le service, le service numérique ou le contenu numérique ».

  • Sanctions en cas de défaut d’information relative au délai d’exécution du professionnel

Tout manquement à l’obligation d’information précontractuelle est sanctionné par une amende d’un montant de 75.000 euros pour une personne morale (article L. 242-10 du C. conso.). Ce montant peut être porté à 4% du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels, lorsque l’infraction est qualifiée de « grande ampleur », c’est-à-dire lorsque l’infraction porte atteinte aux intérêts collectifs des consommateurs résidant dans au moins deux Etats membres ou lorsqu’elle est commise au minimum dans trois Etats membres (article L. 242-14-1 du C. conso.).

Sur le plan pénal, outre les peines complémentaires prévues à l’article L. 242-8 du Code de la consommation, le fait de remettre un contrat au consommateur n’intégrant pas les informations précontractuelles obligatoires de l’article L. 221-5 du même code est sanctionné, pour une personne morale, d’une amende de 750.000 euros et d’un emprisonnement de deux ans (article L. 242-5 du C. conso.).  Ce montant peut être porté à 4% du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels lorsque l’infraction est qualifiée de « grande ampleur » (article L. 242-7-2 du C. conso.).

Par ailleurs, le consommateur peut se constituer partie civile devant la juridiction répressive et solliciter la condamnation du professionnel au versement d’une somme égale au montant des paiements effectués ou des effets souscrits, sans préjudice de tous dommages et intérêts (article L. 242-9 du C. conso.).

Sur le plan civil, le contrat conclu hors établissement qui ne comprend pas l’ensemble des informations précontractuelles obligatoires prévues à l’article L. 221-5 du Code de la consommation, encourt la nullité (article L. 242-1 du C. conso.).

  • Contrôles et sanctions de la DGCCRF

Le 20 septembre dernier, la DGCCRF a prononcé une amende d’un montant de 391.800 euros à l’encontre d’une société ayant, dans le cadre de contrats conclus hors établissement, notamment omis d’indiquer la date ou le délai pendant lequel le professionnel s’engageait à exécuter ses prestations de services.

 

Article extrait de la Lettre de la Consommation, rédigée par Justine Grandmaire, avocate Counsel et Claire Sicard, avocate

Sommaire

Autres articles

some
LMR #244 : Franchise et règlement des situations contentieuses : la confidentialité de la transaction
Franchise et règlement des situations contentieuses : la confidentialité de la transaction La transaction peut prévoir que son existence, son contenu et les échanges ayant conduit à l’accord resteront confidentiels. La clause peut interdire la transmission des informations aux membres…
some
Droit à la réparation : la France mise en demeure
Droit à la réparation : la France mise en demeure La Directive (UE) 2024/1799 du 13 juin 2024 visant à promouvoir la réparation des biens devait être transposée au plus tard le 31 juillet 2026. La Commission a engagé une…
some
Allégations environnementales : la directive « EMPCO » non transposée
Allégations environnementales : la directive "EMPCO" non transposée La Directive (UE) 2024/825 du 28 février 2024, dite « EMPCO », devait être transposée au plus tard le 27 mars 2026, pour une application à compter du 27 septembre 2026. La France n’ayant…
some
Crédit à la consommation : réforme en vigueur le 20 novembre 2026
Crédit à la consommation : réforme en vigueur le 20 novembre 2026 L’Ordonnance n°2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation, modifiée en décembre 2025, transpose la Directive (UE) 2023/2225 et entrera en vigueur le 20 novembre…
some
LMR #243 : Franchise et règlement des situations contentieuses : transaction et concessions réciproques
LMR #243 : Franchise et règlement des situations contentieuses : transaction et concessions réciproques La transaction est le contrat par lequel les parties terminent une contestation née ou préviennent une contestation à venir. (Article 2044 du Code civil.) Une transaction…
some
LMR #242 : Franchise et règlement des situations contentieuses : la médiation de la fédération française de la franchise
Franchise et règlement des situations contentieuses : la médiation de la fédération française de la franchise En cas de litige entre franchiseur et franchisé, ils peuvent choisir de recourir à la chambre de la médiation de la FFF, dotée d’un…