LMR #135 : La révision judiciaire de la clause pénale

La révision judiciaire de la clause pénale

Le juge peut, même d’office, modérer ou augmenter la pénalité si elle est manifestement excessive ou dérisoire (C. civ., art. 1231-5, alinéa 2).

 

Le débiteur de l’obligation dont l’inexécution donne lieu à l’application de la clause pénale doit rapporter la preuve du caractère « manifestement excessif » de l’indemnité forfaitaire (CA Dijon, 8 mars 2018, n°16/01118 ; CA Chambéry, 10 oct. 2006, Juris-Data n°2006-322011 ; CA Paris, 1er mars 1995, n°18391/93, Juris-Data n°1995-021090).

 

Les juges n’ont pas à motiver leur décision lorsque, faisant application du contrat, ils refusent de modérer l’indemnité forfaitairement convenue (Cass. civ. 1ère, 12 juill. 2001, n° 99-13.555, Bull. civ. I, n°218 ; Cass. civ. 1ère, 6 avr. 1994, n°92-10.154 ; Cass. com., 26 févr. 1991, Bull. civ. IV, n°91 ; Civ. 3e, 26 avr. 1978, n°76-11.424, B. 160).

 

Au contraire, s’ils décident d’user de leur pouvoir de révision, ils doivent motiver la raison pour laquelle ils considèrent que la clause était « manifestement excessive » (Cass. soc., 16 oct. 1985, Bull. civ. V, n°459 – V. pour un exemple de réduction non motivée de l’indemnité contractuellement prévue, CA Lyon, 22 janv. 2004, n°02/01158, Juris-Data n°237515).

 

Le juge estimant l’indemnité stipulée par la clause pénale excessive fixe le montant de l’indemnité réellement due, sans pouvoir allouer une somme inférieure au montant du dommage (CA Paris, 16 févr. 2023, n° 21/21034 ; Cass. civ. 3ème, 24 oct. 2019, n° 18-15.278 ; Cass. civ. 1ère, 24 juill. 1978, n° 77-11.170, Bull. civ. I, n°280).

 

Le juge ne peut réduire d’office une clause pénale sans débat contradictoire préalable (Cass. com., 14 nov. 2018, n°17-19.851).

 

 

Pour recevoir La Minute des Réseaux directement sur votre téléphone portable via notre compte WhatsApp,

vous pouvez scanner notre QR code :

Sommaire

Autres articles

some
LMR #220 : L’erreur sur la rentabilité (1ère partie) : particularité des contrats de franchise
L'erreur sur la rentabilité (1ère partie) : particularité des contrats de franchise L’erreur est un des vices du consentement permettant au cocontractant lésé d’obtenir la nullité de son contrat. (Art. 1130 et suivants du Code civil.) L’erreur n’est une cause…
some
Garanties légales et commerciales : contrôle de l’information aux consommateurs
Garanties légales et commerciales : contrôle de l'information aux consommateurs La DGCCRF a mené une enquête visant à évaluer le respect, par les professionnels des secteurs de l’électronique et de l’électroménager, de leurs obligations légales en matière de garantie. Ces…
some
Plafonnement des promotions : la prise en compte des avantages fidélités
Plafonnement des promotions : la prise en compte des avantages fidélités La Cour administrative d’appel de Versailles a considéré, dans un arrêt du 14 avril 2026, que des réductions octroyées par le biais de cartes de fidélité (sous forme de…
some
Vente sur des plateformes étrangères : retrait des produits dangereux
Vente sur des plateformes étrangères : retrait des produits dangereux La DGCCRF, en coordination avec les autorités nationales de protection des consommateurs de l’Union européenne, a renforcé les contrôles des produits vendus sur des marketplaces étrangères. En 2025, plus de…
some
LMR #219 : Le contrat de partenariat (3ème partie) : application des règles propres aux contrats de distribution
Le contrat de partenariat (3ème partie) : application des règles propres aux contrats de distribution Le contrat de partenariat se rattache à la catégorie des contrats « conclus dans l’intérêt commun des deux parties ». (Règlement UE 2022/720 du 10…
some
LMR #218 : Le contrat de partenariat (2ème partie) : distinction avec d’autres contrats
Le contrat de partenariat (2ème partie) : distinction avec d'autres contrats Le contrat de partenariat se distingue du contrat de franchise en ce que les méthodes transmises ne constituent pas un savoir-faire au sens juridique du terme. (V. notamment CA…